Les lévriers

Un peu d’histoire

Le lévrier vient de la nuit des tempsJoëlle Oldenbourg
L’origine du lévrier se perd dans la nuit des temps. Les premiers signes connus remontent à 6.000 ans a.c. Dans les plaines de sumer, comme l’a mis en avant mrs. Hope waters, spécialiste des salukis ou lévriers persans. Cf. the saluki in history, art and sport, H. Waters. Au fil du temps, les différentes lignées formées se sont croisées et il est parfois impossible de suivre le cheminement que ces croisements ont suivi. Même les lévriers considérés aujourd’hui comme « pure race » ont vu leurs standards évoluer par la volonté de l’homme.

Le GalgoLe PodencoSituation actuelle des lévriers espagnols
Galgos Ethique Euope
Référons-nous ici à l’un des plus grands spécialistes des lévriers, Xavier Przezdziecki. Dans son livre « Le destin des lévriers », édité chez Edica en 1984, page 151, cet auteur est formel :

Galgo et vertragus sont le prolongement du lévrier d’Asie introduit en occident par les celtes ». Le galgo est souvent présenté comme un lévrier d’origine celte. Cette confusion est dûe au nom de « canis gallicus » que donnèrent les romains au lévrier qui accompagnait les celtes lorsqu’ils colonisèrent la partie occidentale de la péninsule ibérique. Canis gallicus deviendra Gallicus puis Galgo.Xavier Przezdziecki

Xavier Przezdziecki rappelle également que les lévriers font partie des canidés mais constituent une branche à part, la race des graïoïdes. Il est évoqué dans différents dossiers et sur internet les différences physiologiques et psychiques, leur hyper-sensibilité, leurs réactions à certaines anesthésiques. Nombre de personnes vivant avec des lévriers reconnaissent volontiers qu’ils se comportent différemment des autres chiens. Certains les qualifient de « chats dans un corps de chien »… Avec des qualités de coureur et de chasseur exceptionnelles. Mais lorsqu’un Galgo arrive dans une famille, leur charme et leur douceur sont tellement appréciés qu’il n’est pas rare de voir rapidement la famille s’élargir à d’autres galgos.

Quant au Podenco que l’on trouve également en espagne, il descend plus clairement du tesem, lévrier africain dont anubis (un « mix » entre chacal et lévrier) nous rappelle qu’il était bien connu des egyptiens. Plus trappu, hyper-actif, très apprécié également comme chasseur, il subit le même sort que les galgos en espagne. Il en est de même pour le lévrier pharaon dont le mot ne laisse aucun doute sur l’origine, mais à un degré moindre car ce dernier est moins courant que les Galgos et les Podencos.

Parmi les types de podencos : le canario originaire des îles canaries, l’ibicenco originaire d’ibiza, l’andalou.
Il arrive que des éleveurs rapportent de pays étrangers, moyen-orient, iran, irak, afghanistan, espagne, des lévriers sans aucune lignée reconnue et qu’ils réussissent à les faire enregistrer à titre initial par des juges pas toujours très regardants. Tout ceci est donc très fluctuant mais a donné naissance au 20ème siècle à un juteux marché. Devant les naissances en quantité incontrôlées, nombre de chiots sont jetés en pature aux acheteurs peu scrupuleux. Ces animaux seront vite maltraités ou abandonnés.

Situation actuelle des lévriers espagnols
Les lévriers espagnols, comme les autres chiens, acquièrent véritablement le statut d’animal de compagnie lorsqu’ils sont retrouvés errant, non vaccinés, par les associations qui les soignent, les vaccinent et les font adopter. Jusque-là, à part les 400.000 Galgos répertoriés dans les clubs de chasse (chiffre communiqué par les Galgueros), une légion de Galgos et de Podencos ne sont même pas considérés comme des chiens et sont liés dans la législation nationale aux biens immobiliers, ils vivent en majorité dans les zones rurales chez les Galgueros. Plusieurs émissions de télévision ces dernières années ont révélé la vérité sur le sort horrible qui leur est réservé à chaque saison de chasse. Pas question pour un chasseur de garder d’une année sur l’autre des lévriers qui ont mal chassé ou de les nourrir pendant un an quand en acheter un revient moins cher. Une mauvaise chasse, deux ou trois ans d’âge, la pendaison ou la torture les attend. Il faut bien que le chasseur venge son honneur bafoué. Comme ces animaux n’ont aucun statut sinon celui d’animal de ferme, aucune protection véritable n’a jamais été mise en place. D’autant que chaque région a sa justice autonome et est entre les mains de mafias qui vivent de l’exploitation des Galgos. Les mères gestantes sont parfois gardées dans des fosses et reproduisent jusqu’à épuisement. Un Galgo champion peut valoir très cher. Un Galgo commun ne vaut rien… Oui, peut-être deux ou trois euros lorsqu’un Galguero a la bonté de ramener le sien à la perrera… Où il sait qu’il sera très vite euthanasié !

Le Galgo dont le sort a été médiatisé ces dernières années est parfois pris pour bouc émissaire par des juges et des éleveurs qui veulent absolument faire fermer les frontières des pays européens à l’import des Galgos espagnols. Nous avons récemment adressé un dossier à un membre de la commission bienêtre animal en Belgique en lui exposant les faits en espagne. Les espagnols avaient affirmé que la situation des Galgos n’était plus ce qu’elle était… Oubliant de dire qu’elle avait encore empiré. Le gouvernement espagnol, maintes fois interpelé, reste sourd aux suppliques qui lui parviennent des protecteurs européens. Pire, le seprona, service de la guardia civil pour la protection de la nature, émet des statistiques faussées sur les chiens et lévriers maltraités et tués, soutien honteux aux méfaits commis par les Galgueros.

Voir l’article de notre Presidente co-fondatrice dans la revue semestrielle de droit animalier du professeur Marguenaud, université de limoges
les lévriers de compétition, par Joëlle Pellegrin Öldenbourg.
Revue semestrielle de droit animalier n° 2 / 2012 consacrée aux animaux de compétition.
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